Qui sommes-nous ?

Le CNGPO réunit 11 000 pharmacies adhérentes de ses 15 Groupements (ALPHEGA PHARMACIE FRANCE, ALRHEAS, APSARA, CEIDO, COFISANTE, EUROPHARMACIE, EVOLUPHARM, FORUM SANTE, GIPHAR, GIROPHARM, OPTIPHARM, PHARMACTIV, PHARMODEL GROUP, PLUS PHARMACIE, RESEAU SANTE).
Il offre un maillage territorial particulièrement adapté à la régionalisation de notre politique de santé, et représente aujourd'hui près de 65 % du chiffre d’affaires total de la profession.

Dès sa création en 2002, notre association s'est donnée pour ambition de faire évoluer la profession de pharmacien d'officine, de mettre en exergue le rôle stratégique des groupements dans le circuit de distribution du médicament et d'offrir à tous une vision prospective en réponse aux enjeux économiques et de santé publique.
En juin 2006, nous avons décrit et anticipé, dans notre livre blanc "Officine 2010", la nécessaire adaptation de notre profession face aux contraintes économiques, politiques et juridiques.

Trois ans après, nous pensons plus que jamais indispensable de nous donner les moyens de mener à bien les défis qui nous ont été lancés :

  • savoir adapter notre réseau officinal pour le renforcer dans un contexte de difficultés de trésorerie, de vieillissement démographique et de déficit croissant des finances sociales ;
  • - savoir donner un contenu concret aux "nouvelles missions officinales" et aux expérimentations de coopérations territoriales de santé souhaitées par la loi HPST ;
  • - faire partager l'expérience des groupements et leur réflexion novatrice sur l’organisation de l’officine en vue de mieux satisfaire les attentes du patient, dans un environnement de plus en plus concurrentiel.
L’éditorial du président

La loi Hôpital Santé Patients Territoires (HPST) modifie en profondeur l’organisation du système de soins en France.
Pour nous, pharmaciens d’officine deux points essentiels sont à retenir : la reconnaissance officielle du conseil pharmaceutique et la mise en œuvre de nouvelles missions et services officinaux. Si nous nous réjouissons de cette nouvelle donne, force est tout de même de constater que ces nouvelles missions et services ne pourront voir le jour sans anticipation et adaptation préalable de notre modèle économique. Nous devons donc nous donner les moyens de répondre à cette ambition. Mais comment faire dans un contexte de crise économique et de déficits sociaux croissants ?

Dans ce contexte, il me paraît plus judicieux d’anticiper plutôt que de subir. Nous devons tirer les enseignements de l’évolution de notre démographie professionnelle et des conséquences probables de la crise (baisse des prix de vente, fermetures d’officines, licenciements, déficit croissant de la sécurité sociale car baisse des cotisations, baisse de qualité des prestations, difficulté d’honorer nos nouvelles missions).

L’un des meilleurs moyen pour y arriver, me semble-t-il, est de passer par des leviers structurels et des économies d’échelle.

En effet, si les génériques ont contribué à relancer l’économie de l’officine, 3 leviers peuvent optimiser nos performances : l’augmentation des ventes et des prestations de services rémunérés par pharmacie, la réduction des coûts à l’achat (liberté des remises et meilleure négociation de prix d’achat) et la réduction des coûts de gestion (regroupements massifs, repositionnement géo-démographique, gestion centralisée de plusieurs points de vente).

Mais ces leviers ne pourront fonctionner avec une efficacité maximale sans une adaptation de notre modèle économique. C’est pourquoi, le CNGPO attend avec impatience la promulgation du décret relatif aux SPF-PL, indispensables à la transmission des officines en SEL.

Par ailleurs, une réflexion plus ambitieuse sur l’adaptation du réseau doit impérativement être engagée. Sur ce dossier, Le CNGPO souhaite qu'un pharmacien ou une société de pharmaciens exploitant une officine puisse acheter jusqu’à trois succursales. La structure ainsi créée, dirigée par une personne physique ou morale devra être considérée comme une entité pharmaceutique détenant quatre points de vente, chacun doté de sa licence. Juridiquement responsable de la pharmacie mère et de ses trois filiales, le pharmacien ou la société de pharmaciens pourraient employer à leur convenance des pharmaciens gérant ou adjoint dans chacune d’elles.

Loin d’être révolutionnaire, cette solution, qui doit impérativement passer par la voie législative, a le mérite de permettre :

 le maintien du capital des officines dans les mains de la profession,
 le maintien du maillage et du service de proximité de l’officine
 la mise en œuvre des nouvelles missions et services de la loi HPST
 l’optimisation des synergies économiques : formations, flexibilité des équipes, mutualisation des compétences, spécialisation, gestion des achats et des stocks…

Notre projet vise, de plus, à proposer de réels plans de carrière à nos adjoints qui pourraient devenir responsables d’une succursale, et/ou être associés de la SEL exploitant la pharmacie principale et les succursales, et/ou participer au capital de la holding détentrice des titres de l’officine dans laquelle ils exercent, ce qui n’est pas le cas avec nos structures actuelles. Concernant l’installation des adjoints, cette proposition a l’avantage de clarifier le marché, ce qui est une nécessité dans le contexte des transactions actuelles.
Enfin, il permet également à nos jeunes confrères de se regrouper afin d’acheter une officine dont la structure pourra répondre aux exigences de l’avenir.

La profession doit prendre ses responsabilités et le gouvernement adapter en urgence la législation aux besoins effectifs du réseau officinal afin de permettre enfin aux pharmaciens d’officine de valoriser dans les meilleures conditions possibles un réseau de proximité de qualité, efficace et rentable.

Pascal Louis